Le château de Compiègne accueille 3 autres musées automobiles labellisés musée de France 2020

Publié le par Amandine PELLETIER - mis à jour le

Le Château de Compiègne accueille trois autres musées automobiles labellisés Musée de France.

Les quatre musées présentent pour la première fois en commun des voitures rares, voire uniques, pour illustrer l’épopée automobile depuis sa naissance jusqu’aux années 1960.

La plus récente des voitures exposées a été réalisée par l’ingénieur Bertin, célèbre pour son aérotrain, sur la base d’une Renault 4 de 1965, raccourcie de 74 cm. Longue de 2.91m elle se situe dans la gamme des voi- tures de ville de l’époque comme la Fiat 500. La régie Renault, attelée à la préparation de la R2 (4 places), ne soutient pas ce projet mais n’interdit pas sa présentation au Salon de 1969. Boudée par la clientèle, elle est récupérée quelques années plus tard par EDF pour un projet de voiture électrique resté sans suite, avant d’être sauvée et restaurée par le musée de Mulhouse.

Châtellerault présente le fruit de la collaboration de deux hommes : Longchamp qui crée le châssis et la carrosserie et de Coucy, un ingénieur, concepteur indépendant et motoriste passionné de véhicules de compétition et de records. La particularité du véhicule consiste en son aérodynamisme poussé à l’extrême couplé au compresseur greffé sur un moteur de petite cylindrée équivalente à celle d’une motocyclette (350 cm3). Ces choix originaux alliés à la légèreté des matériaux utilisés permettent d’atteindre des performances similaires à celles d’automobiles bénéficiant de bien plus grosses motorisations.

Le musée Malartre est fier de présenter sa toute récente acquisition : un torpedo de 1924 d’une marque lyonnaise dont deux voitures seulement sont connues à ce jour. En effet, Cognet de Seynes, maison fondée en 1910 pour la production de pièces mécaniques, ne produira que 20 à 30 voitures par an de 1920 à sa liquidation en 1926. Bien que réputées fiables et bien conçues, la marque n’était à ce jour connue que de quelques très rares spécialistes.

Le musée national de la Voiture du Château de Compiègne expose un dos-à-dos à vapeur de 1891, tradition- nellement attribué à De Dion-Bouton et Trépardoux d’après une lettre de Léon Auscher écrite en 1929. Ce document précise que c’est la première voiture connue de cette marque et que la société des Amis du musée doit s’en porter acquéreur à tout prix. Elle n’a guère suscité d’emballement lors des enchères à Ermont cette année-là et fut cédée pour la modique somme de 25F. Un examen approfondi de ce véhicule, réalisé récem- ment, a révélé qu’il date de 1891, époque où De Dion-Bouton ne commercialisait plus de voitures à vapeur et qu’il porte une plaque ovale proéminente mentionnant « C.Henriot / Cernay - Commune d’Ermont (Seine et Oise) ». Qui est donc l‘auteur de cette voiture ? Rétromobile nous en dira sans doute plus...

Brève histoire des musées présents

Le Musée national de la Voiture du Château de Compiègne

En 1927 à Compiègne : « Le musée de la voiture et du tourisme » ouvre ses portes au Château de Compiègne. C’est le premier musée consacré à la locomotion terrestre, des origines de l’attelage jusqu’aux débuts de l’aventure de l’automobile. Léon Auscher, carrossier parisien et vice-président du Touring club de France, œuvre à cette création depuis de nombreuses années et réunit un comi- té où siègent les grands noms des débuts de l’au- tomobile française, constructeurs et carrossiers. A l’occasion de l’exposition Concept-Car. Beauté pure, la cour des cuisines et ses fa- buleuses collections de carrosses, fermée depuis vingt ans, est rouverte au public.

Dog Car à vapeur de Dion Bouton
Dog Car à vapeur de Dion Bouton

Le Musée Henri Malartre

En 1960 près de Lyon : Henri Malartre commence sa collection en 1932, l’installe dans le château de Rochetaillée-sur Saône en 1959 et ouvre au public le 31 mai 1960. Le musée Malartre est aujourd’hui géré par la ville de Lyon. Il conserve la plus impor- tante collection d’automobiles de marques lyon- naises (21 marques représentées au musée sur les 130 existantes dans la région au début du XXe siècle). Lyon et son agglomération a été l’un des trois berceaux mondiaux de l’industrie automobile. 

Torpédo Cognet de Seynes. Musée Malartre 1924
Torpédo Cognet de Seynes. Musée Malartre 1924

Le Musée Auto Moto Vélo de Châtellerault

En 1969 à Châtellerault : le comte Bernard de Las- sée décide d’installer sa collection d’automobiles dans l’ancienne Manufacture d’Armes de Châtelle- rault. Le musée de l’Automobile et de la Technique est né. Devenu ensuite Musée Auto Moto Vélo, il vient de prendre un nouveau nom le 9 novembre 2019 : Le Grand Atelier, musée d’art et d’indus- trie. Géré et réorganisé par le communauté d’ag- glomération du Grand Châtellerault, il vient de rouvrir au public après plusieurs mois de travaux. 

La Longchamp de Coucy 1953-Châtellerault
La Longchamp de Coucy 1953-Châtellerault

La Cité de l’automobile

En 1982 à Mulhouse : le « musée national de l’automobile » ouvre officiellement ses portes au public. Les frères Schlumpf préparent leur mu- sée dès 1965 dans une de leurs filatures de laine peignée. Toutefois, leurs déboires industriels des années 1970 les empêchent de l’ouvrir au public. Grâce à une association réunissant des parte- naires publics et privés créée en 1981, la collection échappe à la dispersion et ouvre officiellement ses portes aux visiteurs un an plus tard. Après avoir ajouté l’appellation « collection Schlumpf » en 1989, il est géré par une société privée, Culture espaces, depuis 1999 et a changé de nom en 2006 pour devenir «la Cité de l’automobile – musée national – collection Schlumpf » 

4L Bertin 1969. Mulhouse
4L Bertin 1969. Mulhouse