Les voitures de l'histoire - Retour sur le gang des tractions avant

L'histoire de l'automobile a eu de nombreux acteurs, dont certains étaient tout sauf recommandable. Retour sur un gang qui a tristement forgé le mythe de la traction avant Citroën dans l'imaginaire collectif français. 

S’il y’a bien une profession qui a su voir un avantage certain dans les progrès de l’automobile, c’est bien celle de « gangster ». En effet de nombreuses voitures de grande qualité ont permis à de nombreux bandits notoires de surclasser les forces de l'ordre sur l'asphalte. En effet, comment réussir un braquage sans une voiture rapide et un chauffeur expérimenté ?

Le gang le plus emblématique de ce monde parallèle du progrès automobile est incontestablement le gang des tractions avant, venant de la voiture éponyme. 

La traction avant, ce modèle mythique de chez Citroën, était déjà rentrée dans l’imaginaire collectif durant l’occupation puisqu’il était, par sa tenue de route incomparable pour l’époque, un modèle très prisé de la Résistance et de la Gestapo.

Tout commence à la libération, où Pierre Loutrel, un ancien bandit devenu respectivement membre de la gestapo,puis de la résistance (en fonction du tournant que prenait la guerre bien évidemment), décida de réconcilier la France bien avant l’heure en s’associant avec trois anciens de la gestapo, un ancien des FFI et un vétéran des Bataillons d’Afrique pour former un gang qui allait marquer l’imaginaire français, à peine remis de longues années d’occupation.

Le gang, dirigé ingénieusement par Loutrel (alias Pierrot Le Fou), commença début 1946 par de multiples braquages de convois de fonds et de camions des PTT sur Paris. Le groupe se sépare quelques temps et va revenir sur paris pour y effectuer cinq braquages en un mois !  Le butin total sera estimé à plus de 6 millions d’euros. Ce qui frappe le plus les enquêteurs, c’est la fréquence hallucinante à laquelle les truands commettent leurs méfaits.

Le groupe, très vite devenu la priorité de la police, échappera plusieurs fois aux forces de l’ordre de façon rocambolesque. La plus célèbre est le siège de Champigny, où plus de 350 policiers encerclèrent une auberge dans laquelle se trouvait deux des lieutenants de Pierrot le fou. Celui-ci arriva à exfiltrer in extremis ses acolytes au nez et à la barbe de la police. 

Le gang se dispersa après la mort de Pierre Loutrel, qui avait été déclaré ennemi public numéro 1 trente ans avant Mesrine. Celui-ci se tirera une balle accidentellement une balle dans l’abdomen lors d’un ultime braquage (son penchant pour la boisson lui aura été fatal). Il décèdera le 11 novembre 1946 de ses blessures. Son corps, enterré par ses complices, ne sera retrouvé que trois ans plus tard.