Salon de la voiture de collection et voiture ancienne - 110 ans de automobile club de l'ouest

Automobile Club de l’Ouest : un héritage plus que centenaire

A travers une scénographie étudiée, l’Automobile Club de l’Ouest retraçait à Rétromobile 2016 ses 110 ans d’existence au service de l’automobile et des automobilistes. 

Salon de la voiture de collection et voiture ancienne - 110 de l'automobile club de l'ouest
Facade bureau départemental ACO

L’histoire de l’ACO (Automobile Club de l’Ouest) se confond avec celle de l’automobile. Ces drôles d’engin bruyants qui effraient les chevaux et les villageois, écrasent les animaux, mais qui rapprochent les distances ne prennent-ils pas leur essor dans la Sarthe ? On doit en effet au manceau Amédée Bollée d’avoir contribué au développement de la locomotion automobile. Dès 1870, son premier véhicule baptisé l’Obéissante présente les traits d’un break à vapeur doté de quatre roues indépendantes, dont deux directrices. Il est mu par deux bicylindres à vapeur de 20 chevaux entraînant chacun une roue arrière. Avec ce véhicule capable d’atteindre 40 km/h, il réussit en août 1873 à accomplir le trajet Le Mans-Paris à une vitesse moyenne de 15 km/h. Pour accomplir cet exploit qui fait sourire aujourd’hui, cet inventeur de génie a dû batailler pendant des mois avec les pouvoirs publics pour obtenir un titre de circulation. Comme si quelqu’un se présentait aujourd’hui à la Préfecture pour solliciter une autorisation d’aller sur Mars ! Au seuil du XXe siècle, la population continue de chercher les chevaux devant le siège du cocher. Soutenu par quelques industriels visionnaires, le moteur à explosion alimenté par pétrole gagne de plus en plus d’adeptes. Ces pionniers ont l’esprit de compétition. Ils veulent se mesurer au volant de leurs machines. C’est ainsi que s’élance le 11 juin 1895 de la place de l’Etoile, la vingtaine de participants du Paris-Bordeaux-Paris. Devant le succès de la manifestation, le comte de Dion, le baron de Zuylen et Paul Meyan, journaliste émérite des quotidiens Le Matin et Le Figaro, entérinèrent en novembre 1895 la création de l’Automobile Club de France, jumelant une société d’encouragement et les activités d’un cercle.

Salon de la voiture de collection et voiture ancienne - Musée automobile de Compiègne
Tricycle Bollée profil

Son principal objectif est la défense de la cause de l’automobilisme… Cela passe en premier lieu par l’organisation d’épreuves sportives. Ainsi l’ACF crée une Coupe Internationale avec le soutien financier de James Gordon Bennett, propriétaire du New York Herald. Disputée de 1900 à 1905, cette course porte le nom du mécène américain. Pour l’édition de 1906, l’épreuve cède sa place pour la première fois à un « Grand Prix de l’ACF ». La Sarthe fait partie des régions qui ont postulé pour organiser cette course internationale d’un genre nouveau. En matière de locomotion moderne, cette région de l’ouest est particulièrement dynamique. Paul Jamin, un jeune manceau, s’impose sur une Léon Bollée dans les courses de ville à ville, Paris-Dieppe et Paris-Trouville. Les clubs cyclistes devenus auto-cyclistes tels que l’Union Vélocipédique Sarthoise dirigée par Léon Bollée, l’Union Auto Cycliste qui fédèrent des conducteurs sportifs ou encore l’Union sportive du Mans où siège la famille Singher sont très actifs. C’est ainsi que dans les derniers jours de 1905, ces groupes d’enthousiastes, stimulés par la perspective d’organiser le Grand Prix de l’ACF, ratifient la création de l’Automobile Club de la Sarthe (ACS). Ce club devient une réalité dans les premiers jours de 1906. Il y a tout juste 110 ans. Adolphe Singher fut nommé président ; Georges Durand, secrétaire général.

Salon de la voiture de collection et voiture ancienne - Porsche
Porsche-Imsa-Matmut-2013

De la course à la défense des automobilistes

Toute la région se mobilisa pour la tenue du Grand Prix qui se révéla un succès. Courue les 26 et 27 juin, la course fut remportée par Ferenc Szisz sur une Renault. Il boucla les douze tours requis du circuit de la Sarthe à plus de 100 km/h de moyenne. Parallèlement, l’ACS avait perçu que l’essor de l’automobile nécessitait l’adhésion de la population. C’est ainsi qu’à mesure que les départements de l’ouest de la France se rapprochaient de l’ACS, le besoin d’éducation s’imposait. Dès avant la guerre de 1914, le journal du club, « L’Ouest Sportif », donnait des conseils de courtoisie et de prudence aux adhérents. Cette forme de « prévention routière » signalait aux premiers conducteurs les endroits dangereux. Dans l’édition 1911 de l’annuaire-guide, on trouvait déjà les statistiques des accidents de la locomotion recensés dans la Sarthe pour la période de 1907 à 1911 ! A mesure que l’automobile prend de l’ampleur, l’Automobile Club de la Sarthe et de l’Ouest étend ses missions. Il lance de nombreuses pétitions et protestations contre les impôts locaux excessifs, les contraventions injustifiées, les arrêtés illégaux dont étaient victimes les automobilistes. Pour assurer la promotion de l’automobile, l’ACO prône la promotion de l’automobile en lançant un vaste programme d’amélioration du réseau routier et de sa qualité. Des missions plus que jamais au cœur du quotidien de l’association « 40 millions d’automobilistes ».

Après avoir organisé à plusieurs reprises le Grand Prix de l’ACF, l’ACO se mit en tête de relever un nouveau défi : démontrer la fiabilité des véhicules et la performance des systèmes d’éclairage et des pneumatiques à travers une épreuve d’endurance de 24 heures. C’est ainsi que le 26 mai 1923 naquirent les 24 Heures du Mans. Cette nouvelle course baptisée « Grand Prix d’endurance » ou encore « Coupe Triennale Rudge-Whitworth » en hommage à Emile Coquille, le patron de la firme commanditaire de l’épreuve, se courut sur le circuit de 17,262 km utilisé lors du GP de 1921. Ces premières 24 Heures auxquelles prirent part 33 concurrents furent remportées par la Chenard & Walker pilotée par André Lagache et René Léonard. Depuis 1923, tous les constructeurs sont venus dans la Sarthe chercher la gloire. Depuis 1923, le circuit du Mans est le témoin de joutes mémorables. Il y eut parfois du sang et des larmes. Il y a toujours du suspense et de formidables aventures humaines. L’histoire n’a pas fini de s’écrire.

Salon de la voiture de collection et voiture ancienne - Porsche 904
Porsche 904 GTS

L’ACO profite de Rétromobile pour nous remémorer son épopée à travers toutes ces thématiques. C’est l’occasion de découvrir le Critérium des jeunes conducteurs et la Pyramide de l’endurance dont la vocation est de sensibiliser les jeunes à la conduite et d’assurer la détection des pilotes de demain. Des témoignages vidéos de pilotes professionnels renforcent le propos. Enfin, l’ACO nous présente un échantillon du musée des 24 Heures – Circuit de la Sarthe appartenant au conseil général de la Sarthe. Le public parisien peut découvrir le tricycle Bollée, la Dino Berlinetta Speciale Pininfarina révélée lors du salon de Paris 1965, et la Porsche 904 GTS que Michelin utilisait pour ses essais et dont il fit don à l’ACO. L’espace de cinq jours, la GT allemande s’est évadée de l’atelier où elle suit actuellement une restauration complète grâce au concours de la société Motul pour se montrer au public parisien.

Salon de la voiture de collection et de la voiture ancienne Ferrari Dino Berlinetta Speciale Pininfarina
Ferrari Dino Berlinetta Speciale Pininfarina