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DS : le prestige à la française

Devenu une marque à part entière, le label DS symbolise un art de vivre à la française où le luxe et l’innovation font bon ménage.

Il y a presque deux ans, Citroën coupait le cordon ombilical avec DS. Imaginés au départ pour créer une ligne parallèle de véhicules premium, les modèles de la famille DS composent désormais une nouvelle marque à part entière. Sous sa propre griffe, DS aspire à présent à faire revivre le prestige à la française qui conjugue raffinement et innovation. Des gènes qui renvoient au salon de Paris d’octobre 1955 où apparaissent pour la première fois les deux lettres magiques DS. Lorsqu’elle est révélée, la nouvelle berline de Citroën relègue ses rivales au rang d’antiquité. Le style est révolutionnaire et futuriste, la technologie ne l’est pas moins. Les lignes déroutent avec les flancs lisses, le capot plongeant, sans calandre, l’arrière fuyant, les grandes surfaces vitrées séparées de fins montants, les roues arrière carénées. La carrosserie marie de nouveaux matériaux tels que le plastique et des alliages d’aluminium. L’avant-gardisme de la DS transpire aussi à travers son contenu technologique. La DS s’équipe ainsi d’une suspension hydropneumatique favorisant le confort et faisant varier la garde au sol ainsi qu’une assistance hydraulique de la direction, du freinage et de la boîte de vitesses. L’habitacle détonne avec son tableau de bord singulier, son volant monobranche et l’espace arrière généreux. Le 7 octobre, jour de l’inauguration du salon, Citroën a décidément frappé un grand coup. En un quart d’heure, 749 commandes sont passées. À la fin de la première journée, 12.000. On se bouscule autour de la corbeille où est présenté le véhicule. La DS fait la couverture de Paris Match avec Gina Lollobrigida qui en a pris le volant. L’audace de la DS 19 se niche aussi dans ses coloris bicolore : champagne-toit aubergine, anis-bleu grisé, jaune poussin-ivoire...

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Au fil des années, la DS s’enrichit de nouvelles finitions rehaussant son statut. La finition Pallas apparaît au milieu des années 1960. A partir d’octobre 1969, la DS gagne encore en sophistication avec l’arrivée de l’injection électronique Bosch sur la DS 21. En coulisses, les ingénieurs peaufinent la mise au point d’une super DS. Star du salon de Genève 1970, ce nouveau modèle prend la forme d’un coupé 2 + 2 de grand tourisme. La presse est dithyrambique. Le nouveau véhicule dénommé SM « Elle a vingt ans d’avance » écrit l’Automobile magazine. La SM est à la DS ce que le Concorde est à la Caravelle. Tout en reprenant de nombreuses technologies de la DS, le coupé de standing accueille un 6 cylindres en V à 90 degrés. Fruit des accords Citroën-Maserati, ce bloc à deux arbres à cames en tête affiche une puissance de 180 chevaux. Il permet à ce grand coupé, dont un exemplaire est présenté à Rétromobile dans la teinte or identique à celle du salon helvétique, d’atteindre une vitesse de pointe de 220 km/h. A ce jour, la SM demeure le dernier coupé de prestige de la production française.

La DS vue par Hector Bossaert

Dans l’ombre d’Henri Chapron, ce concessionnaire du nord de la France spécialisé dans la préparation de modèles Citroën s’adresse au carrossier italien Pietro Frua pour réaliser un coupé sur la base d’une DS. Les visiteurs du salon de Paris 1960 découvrent une voiture raccourcie de 47 cm et surbaissée de 17 cm. La GT 19 se démarque par des ailes arrière à aileron et la lunette arrière panoramique. Le tarif élevé de la transformation explique certainement que ce modèle ne sera reproduit qu’à 12 unités entre 1960 et 1964. Datant de 1963, la voiture présentée à Rétromobile serait le seul exemplaire survivant de cette petite série. Par ailleurs, Bossaert produira deux cabriolets DS.

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