Exposition "Lartigue et les Autos" à Retromobile 2016

L’exposition présentée à Rétromobile 2016 était consacrée à la passion de Jacques Henri Lartigue pour les automobiles de course.

Présentation

Il a promené son objectif au gré de ses envies, sur les théâtres les plus divers: de la Coupe Gordon-Bennett 1905 au Grand Prix de Monaco 1978 en passant par les Grands Prix de l'ACF de la grande époque, mais aussi la course de côte de Gaillon en 1912, l'inauguration de l'autodrome de Linas-Montlhery en 1924, les courses des "années folles" à Saint Sébastien, La Baule ou au Cap d'Antibes, les 500 miles d'Indianapolis en 1967... même les tournages à Monaco des films The Racers en 1954 et Grand Prix en 1966 avaient attiré sa curiosité toujours en éveil. Lartigue a immortalisé, pour notre plus grand bonheur, les Lorraine-Dietrich, Darracq, F.I.A.T, Schneider, Delage, Peugeot et autres Bugatti ou Alfa Romeo, traduisant par son immense et unique talent cette "chic impression de vitesse".

salon de la voiture de collection et des véhicules anciens
Renée à Eden Roc, Cap d'Antibes, août 1931

Biographie

La photographie, Jacques l’a apprise au contact de son père dès 1900. Répondant à l’enthousiasme de son fils, Henri Lartigue lui offre son premier appareil photographique à l’âge de 8 ans en 1902. Dès lors, il n’a de cesse de photographier sa vie d’enfant rythmée par les voyages en automobile, les vacances en famille et surtout par les inventions de son frère aîné. Les deux frères sont passionnés par l’automobile, l’aviation et tous les sports alors en plein essor. Jacques les enregistre grâce à son appareil photographique. Il continuera adulte à fréquenter les manifestations sportives et à pratiquer lui-même quelques sports réservés à l’élite : ski, patinage, tennis, golf…

Cependant, pour cet enfant si soucieux de retenir le temps qui passe, la photographie est insuffisante. Comment, en effet, tout dire et tout retenir dans une image prise en quelques secondes ? Parallèlement, sans doute aussi pour s’engager dans une activité reconnue, il commence à dessiner et à peindre. Jusqu’au début des années 30, il mène une vie luxueuse et mondaine. Mais la fortune des Lartigue s’étiole et Jacques est contraint de trouver d’autres sources de revenus. Se refusant à travailler par crainte de perdre sa liberté, il vit chichement de sa peinture durant les années trente et quarante. Dès les années 50 et contrairement à la légende le prétendant inconnu de tous, Lartigue commence à exister comme photographe tout en continuant à peindre. En 1962, avec Florette, sa troisième épouse, Jacques embarque à bord d’un cargo à destination de Los Angeles. Petit détour par la Côte Est, ils rencontrent Charles Rado, de l’agence Rapho qui contacte John Szarkowski, alors jeune conservateur du département photographique du MoMA (Museum of Modern Art). L’enthousiasme est général. En 1975, la première rétrospective de son œuvre a lieu au Musée des Arts Décoratifs, à Paris. Un an auparavant, Lartigue avait réalisé la photographie officielle du président de la République, Valéry Giscard d’Estaing. En 1979, l’acte de donation est signé : Lartigue est le premier photographe français à faire don, de son vivant, de son œuvre à l’Etat français. Il charge l’Association des Amis de Jacques Henri Lartigue de conserver et de diffuser le fonds. En 1980, l’exposition Bonjour Monsieur Lartigue au Grand Palais répond à la volonté de Lartigue de voir ouvrir son « musée ». Jusqu’à ses derniers jours, il poursuit son œuvre à travers la photographie, la peinture et l’écriture. Il s’éteint à Nice le 12 septembre 1986, à l’âge de 92 ans. Il laisse plus de 100 000 clichés, 7000 pages de journal, 1500 peintures.

salon de la voiture de collection et des véhicules anciens Jacques-Henri Lartigues
Renée, Route Paris-Aix les Bains, Juillet 1931

Précisions historiques

Comment penser aux photographies de Lartigue sans penser à « L’auto déformée » comme certains l’appellent familièrement ? Elle est le signe que cette image est devenue presque comme un « logo » de Lartigue. Elle condense, en effet, plusieurs des qualités inhérentes à la photographie de Lartigue : le mouvement, le dynamisme, la modernité et la beauté.

Très tôt, Jacques, initié par son père et son frère aîné Zissou, s’intéresse aux courses automobiles. En 1905, toute la famille se déplace en Auvergne pour assister à sa première course, la Coupe Gordon-Bennett. Dès lors, Jacques s’exerce à photographier les voitures en mouvement et dessine de nombreux modèles ou des photographies qu’il a prises dans la journée. Petit à petit, son œil s’aguerrit et avec l’évolution constante de la technique photographique, il obtient des images d’un réalisme surprenant pour l’époque.

En 1912, au Tréport, il écrit dans son journal comment il effectue ses prises de vue : « La première automobile arrive là-bas ! Il y a d’abord une courbe, puis c’est la ligne droite… elle passe devant nous à toute vitesse, c’est formidable ! La seconde arrive. C’est Boillot sur Peugeot. Je la photographie en vitesse (180 à l’heure) en pivotant un peu sur moi-même pour la conserver dans mon viseur, pendant qu’elle passe. C’est la première fois que je fais ça ! Moi, je fais des photographies. Yves (le chauffeur) pointe sur la liste. Madame Folletête dit l’heure et Monsieur Folletête (son précepteur) annonce le numéro. Si bien que nous suivons la course dans tous ses détails. »

Pierre Darmendrail, dans Lartigue et les autos de course explique la spécificité de l’image : « Non seulement Lartigue a utilisé pour sa photo une technique novatrice, mais il l’a également poussée à l’extrême en allant se placer tout au bord de la route, à très courte distance de la voiture qui passait parallèlement à lui à 140km/h ou davantage. Il est ainsi allé chercher la sensation de vitesse jusque dans son cœur même, se coulant dans le mouvement ultra-rapide de son sujet, d’où le dynamisme et la puissance de cette photo. »

Une question demeure : celle de la légende. Lartigue a collé l’image dans l’album 1912 en la titrant : Automobile Delage, Grand Prix de l’Automobile-Club de France, Le Tréport, 26 juin 1912. Or, d’après David E. Junker, il semble que le véhicule soit une Théophile Schneider qui concourait au Grand Prix de l’ACF 1913. Lartigue s’est-il trompé? Etait-ce intentionnel? Aucune trace dans les écrits de Lartigue ne permet de lever le voile sur ce mystère.

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salon de la voiture de collection et des véhicules anciens Grand prix de l'ACF
Grand Prix de l'A.C.F,circuit de Dieppe Automobile Delage Le Tréport, 26 juin 1912

salon de la voiture de collection et des véhicules anciens
Voyage en auto, Zissou et Yves le chauffeur changent une roue, Octobre 1911
Jacques Henri Lartigue© Ministère de la Culture - France / AAJHL

Photographie Jacques Henri Lartigue© Ministère de la Culture - France / AAJHL

Cette exposition était présentée par

DUREV EVENTS